UnificationEngine™: les apps sont finies, vive les interfaces Homme-Machine !

Commander son réfrigérateur, son aspirateur et tous ses objets connectés à la maison et en entreprise par les canaux de communication utilisés ordinairement entre les utilisateurs (SMS, WhatsApp, messagerie instantanée…) : ce scénario, digne d’un épisode de StarTrek est aujourd’hui une réalité grâce à de nouvelles solutions de communication unifiée, à l’instar d’Unification Engine, plateforme conçue par Unified Inbox à Singapour. Derrière cette innovation en apparence anodine émergent des scénarios d’interfaçage Homme-Machine totalement nouveaux, venant disrupter nos bonnes vieilles applications mobiles. Ken Herron, CMO de Unified Inbox, nous explique comment l’IoT et l’IA sont en train de révolutionner notre rapport aux objets et à la manière dont nous communiquons avec eux.

Quelle est la proposition de valeur d’Unified Inbox ?

Il faut tout d’abord distinguer d’un côté la proposition de valeur de l’entreprise, Unified Inbox, et de l’autre côté, la proposition de valeur de notre technologie phare, UnificationEngine. Celle de l’entreprise est très simple : nous permettons aux utilisateurs de communiquer de façon simple. Celle de notre technologie repose sur Unification Engine, une plateforme de messagerie unifiée et intelligente connectée (« unification engine intelligent IoT messaging platform ») – formulation certes un peu longue – mais qui décrit une promesse très simple :  communiquer avec l’ensemble de vos « smart devices » et les chatbots de manière aussi naturelle qu’avec vos amis.

De manière concrète, Unified Inbox permet de supprimer toutes les apps connectant les utilisateurs à tous leurs devices, et de rendre ainsi les interactions les plus simples et les plus harmonieuses possibles.

Quand vous regardez Star Trek ou n’importe quel autre film de science-fiction, personne n’utilise des applications. Les personnages communiquent directement avec leurs objets connectés. Ils parlent, ils envoient des SMS, ils communiquent comme ils veulent, de la manière qui est la plus facile pour eux à un moment donné. Je n’ai jamais vu personne en train d’y employer une quelconque application ! Je ne veux pas donner l’impression que nous sommes pour autant « anti-app » parce que nous travaillons aujourd’hui avec énormément d’entreprises et d’organisations qui ont beaucoup investi dans les applications. En réalité, nous étendons les capacités déjà déployées par les applications. Mais lorsqu’on regarde vers le futur, il est clairement difficile d’imaginer que nous ne puissions pas à terme communiquer directement avec tous nos devices.

Contrôler ses objets connectés par la voix et la pensée : comment cela est-il techniquement possible ?

Nous utilisons une API intégrée en rapprochant IoT et IA avec le biais de la messagerie unifiée. Posez-vous la question : comment est-ce qu’un dispositif intelligent peut-il parler aux gens à travers une application mobile aujourd’hui ? Eh bien, le dispositif intelligent (« device ») possède une API, l’application se connecte à cette API pour que les commandes des utilisateurs soient traduites dans des termes compréhensibles par la machine. La raison pour laquelle nous ajoutons de l’IA et de la messagerie unifiée est que cela permet précisément aux utilisateurs de communiquer dans leurs propres langue avec leurs objets connectés, par messages vocaux, messages instantanés ou SMS, sans avoir à connaître des commandes ou des codes spéciaux.

Quand cette technologie, cette API est-elle née ?

Il y a environ 6 ans et nous avons maintenant 14 familles de brevets différents. Il y a beaucoup de technologies derrière cette simplicité d’usage et cette interopérabilité en termes de plateformes ou de langues.

Existe-t-il d’autres acteurs proposant une telle plateforme ?

Nous voyons de plus en plus d’acteurs apparaître sur ce marché, même si de manière objective, la plus grande concurrente reste l’application mobile, conçue par le fabricant du device lui-même. La concurrence émerge également du côté des smart speakers tels qu’Amazon Echo ou Google Home. Evidemment, il y a des limites importantes avec ce genre de dispositifs. Nous avons fait et faisons beaucoup de recherches sur ces sujets. Imaginez par exemple que vous déménagiez dans un nouvel appartement, et emménagiez dans un appartement équipé d’un jacuzzi. Sur le papier, c’est très tentant,  mais une fois installé, vous l’utiliserez une fois, peut-être deux, mais ensuite, cela deviendra trop compliqué. Vous avez un smart speaker, vous l’utilisez, mais de jour en jour quand vous allumez la lumière, baissez la climatisation, allumez l’alarme et toutes ces autres commandes basiques, cela devient très fatiguant d’utiliser sa voix pour tout ça, c’est finalement beaucoup de travail. De plus, s’il y a des gens présents dans la pièce, cela peut être très perturbant, et quand vous vous trouvez trop loin de l’appareil, à une distance où le tube en plastique ne peut plus vous entendre, cela devient totalement inutile.

Un smart speaker ne vous donne pas la possibilité d’allumer la climatisation d’un avion en vol. La liberté de pouvoir l’utiliser de n’importe où, sans application est une expérience autrement plus excitante. Si l’on regarde au-delà des maisons intelligentes, du côté de  l’entreprise ou de la smart city, je ne peux pas imaginer une ville mettant des Amazon Echoes à tous les coins de rue ou tous les 2 mètres pour que la cité puisse constamment tendre l’oreille alors que tous les citoyens ont des smartphones à la main ! On peut débattre de la question du déploiement de smartphones pays par pays mais cela semble assez vain dans la mesure où vous avez au moins une dizaine d’applications de communication déjà installées sur votre téléphone, selon votre âge ou votre pays. Donc la possibilité donnée d’utiliser des dizaines d’objets connectés intelligents au travers de ces canaux existants est en soi quelque chose de relativement plus naturel et plus évident.

UnificationEngine signifie-t-elle la fin des restrictions posées par l’interopérabilité ? Est-ce une solution aux conflits entre plateformes ?

Oui, c’est exactement cela, c’est le fondement même de notre business. L’enjeu est de pouvoir précisément résoudre à tous les problèmes d’interopérabilité de tous les systèmes que vous rencontreriez dans une cuisine, une usine, une gare ou un centre ville, de New York à Singapour, en passant par Londres et Paris.

La plateforme ne signe-t-elle pas au fond la mort des operating systems actuels ? 

Je trouve que la solution est en fait complémentaire et compatible en tant qu’extension de l’existant. Mais si l’on regarde l’horizon à 5 ans, devrais-je payer mon parking en centre-ville avec une application distincte et spécifique, alors que je pourrais le faire simplement via WhatsApp ? Nous sommes de plus en plus les acteurs d’une industrie de communication « H2M » (humain-to-machine) dans laquelle tous les produits sont connectés, et la manière dont nous, utilisateurs, communiquerons avec nos voitures, nos maisons, nos TV est en train de changer. Apple a clairement pris un temps d’avance. Quand on compare Apple TV et les autres menus intégrés dans les TV connectés, on voit que l’entreprise a priorisé ses choix sur la simplicité de l’expérience client – et je ne parle pas ici simplement de conception ergonomique, mais de l’expérience client en tant que tendance profonde.

Si je prends l’exemple de ma propre mère qui a récemment déménagé dans une nouvelle maison : elle s’est équipé avec de très beaux appareils électroménagers, très performants, mais elle ne sait toujours pas mettre son four en marche, et à côté de cela elle sait envoyer des SMS. Elle n’arrête d’ailleurs pas ! Une plus grande interopérabilité entre le téléphone de ma mère et tous ces joyaux de technologie lui permettrait d’en tirer partie de la manière la plus profitable. Dans un contexte business ou industriel, ce n’est pas simplement une question de gain de temps, c’est aussi un enjeu de sécurité – interagir avec une machine complexe et sensible – mais aussi d’argent si l’on considère le temps de formation nécessaire sur les systèmes de contrôles liés.

Vous avez récemment écrit que l’IoT avait tué les applications. On peut dès lors postuler qu’il s’agit d’une nouvelle étape dans l’amélioration de nos vies quotidiennes par la technologie. Quels sont les bénéfices plus généraux pour la société ? 

Je crois qu’il existe plusieurs bénéfices globaux significatifs. Combien d’applications de communication possédez-vous actuellement sur votre smartphone ? Je dirais que vous avez au moins une application pour vos emails, une pour les SMS, vous avez probablement WhatsApp ou une autre application de messaging, également les applications issues des réseaux sociaux. Si vous allez acheter un nouvel aspirateur, quel est le bénéfice pour vous de devoir télécharger, apprendre et maintenir à jour l’application qui contrôle cet aspirateur alors que vous pourriez simplement utiliser celles que vous utilisez déjà ? Si cet aspirateur était le seul appareil connecté dans votre vie, je pourrais comprendre la nécessité d’avoir une application distincte, mais sur votre lieu de travail, vous devez composer avec dix, vingt, trente appareils connectés. Je pense que  nous en sommes arrivés à un point où les gens ont envie de dire “ça suffit”. Les utilisateurs sont lassés, ils veulent désormais une simplicité d’utilisation absolue.

A nouveau, lorsque je regarde mes parents, je me rends bien compte qu’il est difficile pour eux de suivre la technologie. S’il est possible de rendre les choses plus faciles pour les seniors, pour les personnes handicapées ou en capacité restreinte, pour les personnes qui courent à droit à gauche toute la journée et qui n’ont pas de temps à consacrer de temps pour apprendre à utiliser une nouvelle interface toutes les semaines ou tous les mois, alors oui, cette technologie prend tout son sens. Les dizaines d’applications utilisées participent par ailleurs à « l’information overload » qui assaillit les particuliers, les professionnels dans leur vie de tous les jours.

Aujourd’hui, il y a de fortes chances pour que 100% de vos contacts présents dans votre smartphone soient des êtres des humains. Dans peu de temps, je parie qu’une bonne partie de ces contacts seront des dispositifs présents dans votre maison, votre bureau, votre voiture. Vous communiquerez avec eux de la même manière que vous communiquez avec moi. Vous pourrez leur envoyer des messages via textos, via WhatsApp, et à l’inverse, ils pourront eux aussi vous contacter.

Cela implique-t-il que nos relations avec nos smartphones mais aussi avec nos objets de tous les jours vont changer de nature ?

Nous travaillons actuellement déjà avec un fabricant de lave-vaisselle en Allemagne. Ce lave-vaisselle possède pas moins de 30 programmes différents. Certains programmes sont populaires dans certains pays, et certains sont moins populaires dans d’autres, mais chaque pays utilise seulement 5 programmes différents. Vous avez peut-être entendu parler du terme “analytiques conversationnels” : avant, quand une entreprise qui vous vendait un lave-vaisselle via un distributeur et que vous le renvoyiez avec la garantie à cause d’un dysfonctionnement, le constructeur n’avait pas possibilité de tracker l’activité du produit et l’activité que vous en faisiez, ni de communiquer avec le client. Grâce à une plateforme unifiée intégrée, le fabricant peut désormais tout savoir sur la manière dont vous utilisez votre lave-vaisselle.

Si vous disposez de 30 programmes différents et que vous en utilisez seulement 2, c’est là une information inestimable pour le fabricant, un insight insaisissable jusqu’à présent. Si je sais que ces 5 programmes sont les plus populaires en Inde, pourquoi est-ce que je devrais aussi intégrer les 25 programmes qui n’intéressent pas du tout ces utilisateurs indiens ? Sur le plan financier, c’est une donnée non négligeable, mais continuons de le voir sous l’angle marketing. Imaginons que je parle à mon lave-vaisselle et que je lui dis “lave ces verres de vins” : peut-être qu’il n’y a pas de programme pour les verres de vins ! Eh bien, si je suis le manager produit au siège de l’entreprise, je peux de mon côté voir que 10,000 personnes ce mois-ci ont demandé un programme pour laver les verres de vin, et je peux créer ce programme. Je ne savais même pas qu’il y avait un besoin sur ce point. Et c’est là que je peux innover.

C’est là tout l’enjeu des analytiques conversationnels, ou la capacité de pouvoir d’analyser ce que les gens veulent que le produit fasse, même s’il ne peut pas encore le faire. L’un des grands bénéfices de notre plateforme unifiée est que je peux dire à mon produit de faire tout ce que je veux. Et si je suis le fabricant, je peux maintenant voir et entendre et comprendre tout cela, cela me rend beaucoup plus apte à anticiper les besoins de mes utilisateurs et ensuite les satisfaire, à un niveau granulaire. En tant que marketeur, c’est un rêve devenu réalité.

Quels sont les usages possibles de votre plateforme pour les entreprises ?

On le retrouve aujourd’hui dans toutes les industries. Nous avons des études de cas dans la finance, la santé, la production, le divertissement et ils sont tous basés sur deux capacités de base : la capacité d’envoyer un message à une machine qui l’amène à exécuter une commande – et j’y inclus la capacté d’envoyer un message à un chatbot pour répondre à une demande – et sa capacité de recevoir une notification de la part de cette machine ou de répondre depuis un chatbot. Avec ces deux capacités,  une créativité incroyable de la part des villes, des entreprises à but non lucrative, et de tous types d’entreprises voit progressivement le jour.

Nos marchés principaux sont aujourd’hui l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient. Nos premiers clients ont été très impliques dans le domaine des maisons connectées et les smart cities.  Nous avons des contrats de NDA très stricts donc nous ne pouvons pas partager le nom des  produits existants, les projets en cours et en devenir.

Vous avez récemment annoncé que UnificationEngine était maintenant disponible sur le cloud IBM. Qu’est-ce que cette nouvelle étape représente pour vous ? Pourquoi vous-êtes vous ouvert au cloud IBM ?

Pour une raison très simple : nous voulons être dans tous les endroits où un développeur peuvent bénéficier de nos services. Nous sommes dans le cloud IBM, nous travaillons actuellement aussi avec SAP pour être dans leur app store, mais aussi avec Amazon. L’objectif est d’être partout accessible, et de rendre l’utilisation d’UnificationEngine la plus simple possible.

Pour finir, quelle est votre vision de l’IoT dans nos vies de demain ? Vous avez cité Star Trek : est-ce que notre futur ressemblera vraiment à un épisode de Star Trek ?

J’espère déjà que nous ne porterons pas le même uniforme ! Notre vision du futur est celle d’un monde de communication entre humains et machine simple, intuitive, plaisante… et pleine de surprises !  J’habite ici à Orlando. Disneyland est à 30 minutes de chez moi. Un voyage à Disneyland nous rappelle ce divertissement, cette joie, cette magie.

Mais nous ne vendons pas que du ludique, loin de là. La technologie gère aussi des situations plus critiques et plus sérieuses auxquelles nous pouvons être malheureusement confrontés.  Prenez par exemples les petits appareils produits par Siemens, utilisés dans les salles de sport ou dans les restaurants pour faire face à une insuffisance cardiaque. Vous collez l’appareil à la personne en crise. La machine peut vous parler et vous expliquer les démarches afin de bien l’utiliser, step by step, avec une voix très calme

Nous parlons beaucoup de lave-vaisselle et d’aspirateurs, figurez-vous que maintenant ils peuvent avoir des « personnalités à la carte ». En fonction de la culture, les gens voudront quelque chose de très fonctionnel, ou alors une machine dotée d’un sens de l’humour par exemple, d’empathie. Tout cela peut contribuer à aider les gens à affronter le stress, l’angoisse, l’incompréhension, et in fine, à vivre mieux.

 

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